J’ai commencé ce livre plus tôt ce matin, alors que j’attendais le départ de mon premier vol (Bagotville-Montréal). Et, comme à chaque fois que je lis du Jean Ray, j’en viens à me poser la question suivante: pourquoi est-ce que je n’en lis pas plus souvent?
Je n’ai pas terminé le livre encore (j’en ai lu à peu près la moitié aujourd’hui, il n’est pas très long), mais comme d’habitude, je suis impressionné par deux choses: l’atmosphère qui se dégage du texte (l’action se passe dans un village de la campagne en Angleterre) et l’étendue du vocabulaire de Raymond de Kremer, alias Jean Ray, alias John Flanders. (Qui, pour informer les 99.99% de la population qui ignorent son existence, était un aventurier écrivain Belge, spécialisé dans le fantastique, décédé en 1964.) À travers les description courte et précise, on se retrouve dans ce petit village d’Angleterre, qu’on imagine spontanément presque occulté par une purée de poix grise et glaciale, un crachin tombant dru, avec des bicoques en bois, peuplé par des personnages laconiques, certains vaguement snobs. Quant aux mots proprement dits… Je lisais le roman dans l’avion et je regrettais de ne pas avoir de carnet de note avec moi pour écrire les mots que je ne connaissais pas.
Dans La Cité de l’indicible peur (“indicible” étant un synonyme d’indescriptible, ce que j’ignorais), on y retrouve un détective (complètement incompétent) qui essaie de résoudre les événements étranges qui se déroule à Ingershal (dans le Surrey), qu’on soupçonne d’être perpétrés par des fantômes et des entités surnaturelles. On dirait un croisement entre Agatha Christie et Stephen King. (Oui, je suis conscient de l’énormité de cette comparaison, mais elle me semble appropriée.) On ne peut faire autrement que de faire le rapprochement entre ce roman et les aventures d’Harry Dickson rédigées par le même Jean Ray.
Seul problème: bonne chance pour trouver le roman. Les livres de Jean Ray ne sont plus édités depuis un certain temps. J’ai trouvé celui-ci dans une librairie de livres usagés, à Montréal, il y a quelques semaines. Les oeuvres de Jean Ray n’était pas encore du domaine public (en Europe), on ne les retrouve pas sur Internet non plus. Et c’est regrettable.

Publié par Mathieu
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