Vous avez bien lu le titre: je suis en vacances. Encore. Quoique le terme “congé sans solde” serait peut-être plus approprié. Jusqu’au 2 janvier.
Pourquoi? Très simple: mon frère est en Australie depuis octobre, et on a projeté de voyager un peu là-bas durant le mois de décembre. Je pars demain. Je devrais arriver à Canberra (où mon frère se trouve) vendredi, et ensuite probablement partir du sud-est (Melbourne) et remonter la côte vers Brisbane. Bien hâte d’y être! Pas trop hâte de me taper un vol de 14 heures 35 minutes par contre. Surtout que je ne dors pratiquement jamais dans les avions.
J’ai pris une journée de vacances de plus (aujourd’hui) pour finir les trucs que je devais faire avant de partir (courses diverses, préparer les bagages…) et qu’est-ce que j’ai fait? J’ai regardé les documentaires de la série Krach sur le site tou.tv sur la crise économique de 2008. Ce fut fort intéressant.
Changement de sujet: parlons boulot.
Il y a des périodes où je ne suis pas vraiment fanatique de mon boulot. Et, étrangement, ces périodes coïncident presque toujours avec les périodes où je dois faire un truc qui s’appelle SmartForms. En gros, ce sont des modèles que le logiciel sur lequel je travaille utilise pour imprimer des documents: factures, bons de commandes, etc.
C’est d’un ennui mortel. J’ai passé tout le printemps et presque tout l’été à en faire. Les développer en tant que tel est ennuyant, mais essayer de faire fonctionner des SmartForms qui ont été développés par quelqu’un qui n’avait pas trop l’air de savoir ce qu’il faisait est encore moins agréable que d’aller chez le dentiste pour un arrachage de dents. Au moins la séance chez le dentiste ne dure pas deux mois.
Récemment, l’entreprise pour laquelle je travaille a commencé à penser à développer une succursale en Inde, pour pouvoir employer des programmeurs à moindres coûts à qui nous pourrions envoyer toutes les tâches que nous ne pouvons pas faire ici en Amérique du Nord parce qu’elles ne seraient pas rentables. J’ai suggéré à mon patron que nous pourrions justement engager quelqu’un pour s’occuper de ces SmartForms et autres tâches ennuyantes. Il a trouvé l’idée intéressante.
J’étais au Wisconsin il y a quelques semaines, en train de souper avec mon patron et un collègue. Le sujet est revenu sur la table, et j’ai alors mentionné que je n’étais plus très confortable avec l’idée car je ne voulais pas condamner une personne à s’occuper de ce genre de chose à temps plein. Dans mon esprit, quelqu’un qui serait obligé de faire ce genre de choses 40 heures par semaine serait invariablement tenté de s’enlever la vie. C’est alors que le collègue (qui est Indien d’origine) m’a sorti quelque chose qui m’a un peu troublé sur le coup:
“Mets ton humanité de côté.”
Ça peut sembler cru un peu comme ça, mais évidemment, les choses en Inde sont très différentes d’ici. D’après mon collègue, pour un Indien, avoir du travail est une chose incroyable, alors que le travail soit ennuyant ou non n’est pas vraiment un critère pour eux.
Je peux comprendre le point de vue. On en revient toujours au fait qu’ici, on se plaint le ventre plein. Ce qui n’est pas faux.